Si la meilleure machine à coudre n'existe pas vraiment et dépend surtout des utilisatrices et de ce qu'elles veulent coudre, voyons comment la machine a coudre a évolué à travers le temps.

Débuter à la machine à coudre

L'évolution de la machine à coudre à travers les années

Il y a 20 000 ans furent fabriquées les premières aiguilles à coudre, à partir d’os ou de corne. Le fil, quant à lui, provenait des tendons animaux. Les premières aiguilles en fer firent leur apparition au 14ème siècle et celles munies d’un chas au 15ème siècle. En 1755 Charles Weisenthal breveta une aiguille conçue pour une machine mais on ne connaît rien de la dite machine. Au cours des 75 années suivantes, 6 brevets virent le jour pour des machines à coudre mais aucune ne fonctionnait réellement et ces essais furent vite oubliés.

A l’heure actuelle, la machine à coudre pour débutante ou pas est un bel objet design, léger et hautement technologique, elle s’apparente carrément même à un ordinateur, elle est sophistiquée au possible, cette technologie paraît infinie, elle peut parfois être dotée d’une petite vingtaine de programmes de points et elle vous permet de créer tous les modèles imaginables, à la couture comme en broderie, et elle est parfois même tellement petite, tellement silencieuse et tellement compacte que l’on peut la glisser dans notre valise et l’emporter avec nous en voyage : quelle belle évolution elle a connu ! Remontons le temps et regardons comment son histoire s’est déroulée, depuis la fin du 19ème siècle.

Les premiers modèles sont apparus dans les années 1830, ils étaient mécaniques et on les mouvait de manière mécanique. On les actionnait grâce à une grande roue qui se trouvait à l’arrière ou sur le côté de la machine. Certes, c’était beaucoup plus rapide que la couture à la main mais ce n’était pas très facile. On réalisait (comme c’est encore le cas de nos jours) le point de couture avec deux fils, un fil supérieur était enfilé dans l’aiguille et un fil intérieur se débitait de la canette.

Si plusieurs inventeurs ont contribué aux progrès technologiques de cette machine et si la saga des brevets, des échecs et des « bagarres » a émaillé cette histoire mondiale, celui dont on a le plus retenu le nom dans l’histoire de cette évolution fut Barthélemy Thimonnier, un tailleur de nationalité française qui venait de Lyon et était installé rue des Forges, à Saint-Etienne. Il fut le premier à déposer dans les années 1830 un brevet pour une « mécanique à coudre » (ou métier à coudre) qui était constituée d’une simple table en bois. Une roue à volants posée sur cette table y entraînait une bielle : la bielle, dans son mouvement de va et vient, faisait descendre et remonter une aiguille à deux pointes et un fil continu cousait en point de chaînette. Le tissu n’était entraîné par aucun mouvement et il fallait donc le manipuler des deux mains. Elle cousait 200 points par minute. 80 exemplaires de cette machine furent construits pour les besoins de l’armée (afin de confectionner les uniformes).

Pensant que l’on menaçait leur métier, de par la création d’une machine nécessairement plus productive qu’ils ne l’étaient eux-mêmes en cousant à la main, les autres tailleurs ont détruit l’atelier de Thimonnier et ce dernier ne put rien faire sinon en sauver l’une seule d’entre elles. Il profita peu de son invention puisqu’il mourut deux ans après le dépôt de son dernier brevet.

Etant donné que les inventeurs ont reproduit le mouvement manuel des couturiers, leur invention était dotée d’une seule aiguille. L’un d’entre eux, Madesperger, avait notamment nommé sa machine « La main qui coud ». Le premier inventeur qui utilisa le système de navette, lequel nécessitait l’utilisation de deux fils, fut l’américain Walter Hunt. Elias Howe reprit l’idée et déposa un brevet en 1846 mais il n’obtint aucun succès et il partit en Angleterre pour tenter d’y faire valoir son brevet. Ensuite, le célébrissime Isaac Merrit Singer profita d’une machine qu’il devait réparer pour en améliorer les capacités et déposa à son tour un brevet en 1851. Il créera cette même année la Société I.M. Singer & Co, spécialisée dans la vente de machines pour les ménages (et non plus pour un usage industriel comme c’était le cas auparavant). Il emporta un franc succès.

Malgré le procès gagné en justice par Elias Howe, Singer ne cessa plus de rencontrer le succès car il avait nettement contribué à l’évolution des modèles et il poursuivit la fabrication à grande échelle de ses machines. C’est ainsi que sous le Second Empire, plusieurs fabricants vont commercialiser des machines à coudre françaises, que l’on actionnait avec le pied grâce à une pédale et c’est la famille Peugeot qui racheta le brevet qui avait été déposé par Pierre Cobert. La fabrication se fera à Audincourt. Benjamin Peugeot se verra remettre la légion d’honneur en sa qualité de constructeur de la machine à coudre.

Puis quelques inventeurs vont permettre d’améliorer et de faire évoluer cette machine : dans les années 1870, l’allemand Kayser va créer un dispositif qui permettra le déplacement transversal de l’aiguille, permettant ainsi une couture en zig-zag (dont découlent d’ailleurs tous les modèles de point de croix actuels). Puis une alsacienne, Caroline Garcin, créera un moteur avec ressort car l’électricité à cette époque ne pouvait être obtenue que par l’utilisation de piles, lesquelles étaient très onéreuses et volumineuses. Enfin, Ward va créer une « machine à bras », idéale pour la couture des manches et des jambes de pantalon et qui sera commercialisée par la marque suisse Elna. Cent ans plus tard, Pfad l’équipe d’un système de moteur. C’est ainsi que la machine à coudre qui était mécanique deviendra ensuite électrique. Son développement va connaître un pic dans les années de l’après-guerre pour ensuite être abandonnée des ménages qui vont lui préférer la confection « prêt-à-porter ».



La machine à coudre va néanmoins poursuivre ses finitions et se démocratiser, ce qui la rendra plus accessible en prix et elle deviendra surtout de plus en plus performante en terme de vitesse d’exécution. C’est ainsi que les ventes sont bien plus conséquentes en Europe qu’en Amérique. Singer, la célèbre marque au « S » rouge, sera la plus grande marque mondiale dans le domaine des machines à coudre. Elle symbolise à la fois l’ère industrielle mais également la libération féminine. En effet, tous les métiers qui y sont liés (couturière, modéliste…) vont recruter de plus en plus de travailleuses et l’essor de l’industrie du textile va contribuer au développement du travail féminin. Singer représente 80 % du marché de la machine à coudre au niveau de la planète.

Actuellement, nous sommes passés non seulement à l’ère de l’électrique mais même de plus en plus du semi électronique puis de l’électronique. Les machines sont de véritables ordinateurs équipés de programmes permettant de réaliser des motifs complexes et des broderies. En 1979, c’est une marque nippone, la « Memory 7 » qui est la première machine à coudre électronique programmable. Janome est aujourd’hui le plus gros fabricant mondial dans le domaine. On les nomme également « computers ». Pour les plus férus d’entre-vous, je ne saurais que conseiller la visite du Musée Arts et Métiers dans le 3ème arrondissement de Paris, qui retrace l’histoire de cette belle invention qu’est la machine à coudre, depuis les tout premiers modèles. N’hésitez pas, vous pourrez admirer les spécimens exposés qui ne manqueront pas de raviver des souvenirs.


Coudre à la machine est un réel plaisir, joignez l'utile à l'agréable en faisant de la couture votre métier.
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